Magasiner aux 19e et 20e siècles
L’histoire de Montréal à portée de main! Les Circuits urbains, proposent d’en apprendre plus sur l’histoire de certains lieux de Montréal.
18 juin 2024
Vivez une expérience unique hors les murs grâce aux images historiques puisées dans les collections du Musée.
Munis de votre téléphone, explorez divers circuits thématiques et découvrez l’histoire de nombreux sites de la ville et des images témoignant du Montréal d’autrefois.
Les circuits urbains du Musée McCord Stewart, offrent une occasion unique de revivre l’histoire de lieux emblématiques de Montréal.
À l’heure où la rue Sainte-Catherine se refait une beauté, le circuit Magasiner aux 19e et 20e siècles vous invite à revivre l’atmosphère du Montréal d’autrefois grâce à des photographies, des archives et des objets des collections du Musée McCord Stewart qui témoignent de la mode d’une autre époque.
1. SALON JANNE HARRIS
Jane Harris et sa fille de huit ans, évacuées de Londres pendant la guerre, arrivent à Montréal en 1940. En 1941, Jane a déjà ouvert un salon de mode où elle vend des importations de Grande-Bretagne. Elle crée aussi ses propres collections et organise des défilés de mode.
Ces photographies montrent son deuxième salon, au 1200, rue Sherbrooke Ouest. Le premier était situé au 1324 de la même rue, près du magasin Holt Renfrew.
2. MAGASIN HOLT RENFREW & CO.
Holt Renfrew ouvre ses portes dans cet immeuble Art déco en 1937. C’est l’année du centenaire de cette entreprise, établie à Québec par le marchand d’origine irlandaise W. S. Henderson, et d’abord spécialisée dans la fourrure. Quand le magasin montréalais est inauguré, l’entreprise est bien connue pour ses vêtements mode haut de gamme importés de Londres et Paris.
C’est surtout grâce à Alvin J. Walker, qui au cours d’une carrière de trente-cinq ans chez Holt Renfrew sera directeur général puis président, que le magasin établit des relations avec les maisons de couture parisiennes.
3. MAGASIN OGILVY
James Angus Ogilvy, originaire de Kirriemuir, en Écosse, ouvre en 1866 une boutique de linge de maison à l’angle des rues de la Montagne et Bonaventure. L’entreprise grandit et déménage quatre fois avant de s’installer, en 1912, à l’emplacement actuel, dans un immeuble de quatre étages conçu par le fils d’Ogilvy, David, qui est architecte.
Ces photographies ont été prises après le réaménagement du magasin par le nouveau président de l’entreprise, Arthur James Nesbitt.
Au cours de ce réaménagement, achevé en 1929, on ajoute un cinquième étage au bâtiment. Il abrite un théâtre de 300 places lambrissé de chêne et équipé d’un grand orgue, la salle Tudor. On y présente des récitals d’orgue, des concerts, des conférences, des spectacles de marionnettes et bien d’autres événements ouverts au public.
4. MAGASIN HAMILTON
Les vitrines des années 1920, comme celles d’aujourd’hui, sont conçues pour séduire et attirer le passant. Au chic magasin Hamilton, on fait la promotion de la soie shantung, originaire de la Chine. La vitrine reflète l’exotisme du produit avec son décor d’inspiration chinoise et japonaise. Les produits changent, mais les trucs du métier restent les mêmes!
5. SALON DE BEAUTÉ WANNER
Max Eugene Wanner, coiffeur de 28 ans originaire de Suisse, immigre à Montréal en octobre 1925. Cette photographie montre le salon de beauté Wanner vers 1934. Ce commerce familial prospère restera établi à la même adresse, rue Sainte-Catherine, pendant plusieurs décennies.
6. MAGASIN JOHN HENDERSON & CO
En regardant bien, on peut encore voir les traces d’enseignes autrefois peintes sur les façades pour des commerces qui accueillaient les clients dans cette portion de la rue Sainte-Catherine. À gauche, on aperçoit celle de John Henderson & Company, à l’origine un chapelier et marchand de fourrure établi en 1834. L’entreprise sera logée dans cet îlot pendant près de 30 ans, de 1912 à 1941.
Ce haut-de-forme a été acheté chez John Henderson vers 1900.
7. MAGASIN CANADIAN HANDICRAFT
La Guilde canadienne des métiers d’art est fondée en 1906 afin de préserver et de faire revivre les savoir-faire traditionnels au Canada. En 1933, elle loue ce bâtiment au 2019, rue Peel pour y loger sa boutique, ainsi que ses bureaux, sa bibliothèque et une école de tissage. Plus tard, elle prendra de l’expansion et s’installera dans deux autres maisons en rangée à proximité.
8. MAGASIN JOHN MURPHY
L’immeuble imposant à gauche est le grand magasin John Murphy, acheté par Robert Simpson Co. en 1905. Il sera démoli en 1929 et remplacé par un nouveau magasin Simpson de dix étages.
9. BOUTIQUE SUPERFLUITY DE LA JUNIOR LEAGUE
La Junior League de Montréal, une œuvre de charité féminine, inaugure sa boutique Superfluity en septembre 1926. Tenue par des membres de l’organisation, elle est ouverte cinq jours et demi par semaine. On y vend des vêtements, des jouets et des articles de maison usagés. Les profits réalisés servent à financer des œuvres de bienfaisance telles qu’un camp de vacances pour les enfants à Saint-Sauveur et un cabinet de dentiste dans Griffintown.
10. LE GRAND MAGASIN GOODWIN
Cet îlot de la rue Sainte-Catherine est important dans l’histoire du commerce. Comme, dans les années 1880 et 1890, il y avait là un théâtre de 1159 places, le Queen’s Hall, on l’appelait le Queen’s Hall Block (l’îlot Queen’s Hall). Le magasin G. A. Brouillet, une mercerie qui offre des produits de base et de choix, est le premier à louer le 1301, rue Sainte-Catherine (le coin droit du bâtiment). Ce commerce est ensuite repris par W. H. Scroggie, qui l’agrandit au fil des ans. En 1899, une partie du bâtiment s’effondre et on finit par le démolir.
On construit à la place un autre immeuble qui loge d’abord le magasin Scroggie puis, l’un après l’autre, les grands magasins Carsley, Rea et Goodwin. L’édifice est une merveille d’ingénierie. Grâce à son ossature d’acier, il possède de vastes surfaces. L’électricité alimente l’éclairage et a permis d’installer des escaliers roulants et des ascenseurs. Des tubes pneumatiques transmettent messages et paiements entre les rayons.
En 1925, la T. Eaton Company achète le grand magasin Goodwin et, en deux ans, rénove la façade et surélève le bâtiment à six étages; le chantier est mené en étapes, de manière à ne pas fermer le magasin à la clientèle. La dernière photographie montre la construction ultérieure des derniers étages, y compris celle du restaurant du neuvième en 1930.
Ivanhoé Cambridge en fait l’acquisition en 1999.
11. BOUTIQUE DE LA DR. DEIMEL LINEN-MESH COMPANY
En 1894, le Dr Henry Deimel fait breveter aux États-Unis un procédé de fabrication de tissu en lin appelé linen-mesh, grâce auquel il fabrique des sous-vêtements. Selon lui, son produit permet une meilleure aération de la peau que la laine. La Dr. Deimel Linen-Mesh Company distribue ses produits par l’intermédiaire d’une chaîne de boutiques spécialisées et des grands magasins. La boutique de la rue Sainte-Catherine ouvre ses portes en 1901.
12. MAGASIN HENRY MORGAN
La Henry Morgan & Company, dont le grand magasin « Colonial House » est situé rue Saint-Jacques, emménage dans un nouveau bâtiment au centre-ville en 1891.
Morgan est un bel exemple montréalais de bâtiment spécifiquement conçu pour héberger un grand magasin. À l’origine, le quatrième étage abrite les manufactures Morgan, où l’on fabrique les vêtements, les rideaux et les meubles. Dès 1900, la prospère entreprise a relogé ces ateliers afin de libérer de l’espace pour la vente au détail. D’autres établissements de luxe comme Morgan s’installent autour du square Phillips.
Né en Écosse en 1819, Henry Morgan émigre au Canada en 1844 pour y faire du commerce d’articles de mode et de nouveautés. Avec son frère James, il fonde la Henry Morgan & Company au début des années 1850.
13. MAGASIN BIRKS
À son ouverture, le magasin Birks possède une façade de 17 mètres (56 pieds), ce qui n’est qu’une portion du bâtiment actuel du square Phillips. En 1902, on en double les dimensions et, en 1906, un autre ajout porte cette façade à 61 mètres (200 pieds). En 1912, le bâtiment abrite le magasin, l’usine et les bureaux de Birks, ainsi que des espaces de bureaux loués à d’autres entreprises telles que le studio de photographie William Notman & Son.
Birks érige ensuite une autre construction à l’angle sud-ouest des rues Cathcart et Union. Ce « nouvel immeuble Birks » est présenté comme « le premier immeuble de bureaux de luxe au centre-ville ». De nombreuses entreprises y louent des espaces, ce qui en libère dans le bâtiment d’origine.
14. MAGASIN J. H. BLUMENTHAL SONS LIMITED
L’immeuble qui abrite le magasin J. H. Blumenthal Sons Limited est achevé en 1911. Jacob Henry Blumenthal, né en Pologne, a émigré aux États-Unis avant de s’installer à Montréal avec sa famille vers 1867. Blumenthal met sur pied un commerce de tailleur qui marche bien et finit par posséder plusieurs succursales. Ses fils Israel et Robert Hyman lui succèdent après sa mort, en 1903.